Objectifs
Les maladies cardiovasculaires en Suisse
Les maladies cardiovasculaires (comme l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral) sont la première cause de mortalité en Suisse, devant les cancers.
Les maladies cardiovasculaires sont responsables de plus de 20 000 décès chaque année selon l’Office Fédéral de la Statistique. Elles représentent également une cause majeure d’hospitalisation et de perte d’autonomie, avec un impact important sur la qualité de vie et les coûts de santé en Suisse.
Dans la majorité des cas, ces événements sont la conséquence d’un processus progressif appelé athérosclérose. L’athérosclérose correspond à l’accumulation lente de dépôts, appelés « plaques » dans la paroi des artères. Ce phénomène débute souvent de manière silencieuse, sans symptôme, et peut évoluer pendant de nombreuses années avant de se manifester.
À partir de la cinquantaine, le risque de développer une maladie cardiovasculaire augmente, y compris chez les personnes sans symptôme et en bonne santé apparente.
Les limites des outils actuels
Aujourd’hui, l’évaluation du risque cardiovasculaire repose principalement sur des scores cliniques basés sur un nombre limité de facteurs : âge, sexe, tension artérielle, cholestérol, tabagisme.
Ces outils sont utiles pour orienter les recommandations de prévention à l’échelle de la population. S’ils permettent d’identifier les personnes à très haut risque, pour lesquelles une prise en charge préventive est indiquée, une majorité des événements survient en réalité chez des personnes classées à risque faible ou modéré.
Les outils actuels ne permettent pas toujours d’évaluer finement le risque individuel, notamment parce qu’ils ne prennent pas en compte la complexité et la diversité des facteurs qui contribuent au risque cardiovasculaire.
Les éléments liés au mode de vie, tels que l’activité physique, l’alimentation ou le sommeil, sont reconnus comme importants pour la santé cardiovasculaire, mais ne sont pas systématiquement intégrés de manière objective dans l’estimation du risque.
Quel est l’objectif de cette étude ?
L’étude SwissCardIA vise à mieux caractériser les profils de risque cardiovasculaire en intégrant des informations complémentaires encore peu utilisées en pratique clinique, notamment des données objectives liées au mode de vie recueillies à l’aide d’objets connectés.
Un élément central de l’étude est l’imagerie non invasive des artères coronaires par angio-scanner coronarien (CT des coronaires). Cet examen permet de visualiser directement la présence éventuelle de dépôts dans les artères du cœur, même à un stade précoce et sans symptôme, et ainsi d’étudier l’athérosclérose subclinique.
En effet, la présence de plaques ne signifie pas nécessairement qu’un événement cardiovasculaire surviendra : l’un des enjeux scientifiques est de mieux comprendre quels profils sont associés à une évolution stable et lesquels sont associés à un risque accru d’événement.
En combinant les données d’imagerie avec des informations cliniques, biologiques et des mesures objectives du mode de vie, l’étude cherche à mieux comprendre les interactions entre ces différents facteurs dans le développement de l’athérosclérose et, plus largement, dans la santé cardiovasculaire.
À l’EPFL, des méthodes statistiques avancées et des approches d’intelligence artificielle (IA) seront utilisées pour analyser l’ensemble des données de manière intégrée. En améliorant la compréhension des interactions complexes entre les différents facteurs étudiés, les chercheurs pourront développer des modèles plus précis de prédiction du risque cardiovasculaire et contribuer ainsi, à long terme, à réduire l’impact des maladies cardiovasculaires.